Une équipe de l'IBENS à l'honneur
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Le journal Nature a récemment pris l’équipe de recherche d’Hélène Morlon (« Modélisation de la Biodiversité » à l’Institut de Biologie de l’ENS)  comme exemple du succès de la recherche dans les petites institutions comme l’ENS.

En mars 2017, l’ENS a, en effet, été classée comme l’une des meilleures petites universités au monde par le Times Higher Education. A cette occasion,  le journal scientifique Nature a interrogé Hélène Morlon, directrice de recherche au CNRS et chef d’une équipe intitulée « Modélisation de la Biodiversité » à l’Institut de Biologie de l’ENS, pour mieux comprendre les clés de ce succès.

L'un des clés de ce succès pourrait s'expliquer en partie,  par la taille des petites universités plus propice à la collaboration et la communication entre chercheurs. Hélène Morlon témoigne de la richesse des contacts entre collègues d'autres disciplines,  qu'elle n'a jamais eu dans une grande université: «Je n'ai jamais assisté à tant de discussions en génomique et en neurobiologie», dit-elle.

L’équipe d’Hélène Morlon est une équipe interdisciplinaire qui développe des approches mathématiques et computationnelles pour étudier l’évolution à long terme de la biodiversité à partir de données moléculaires. Il s’agit de comprendre les facteurs écologiques et évolutifs, qui, au cours des temps géologiques, ont influencé les vitesses de spéciation et d’extinction des espèces, ainsi que les modes et tempo d’évolution de leurs phénotypes, pour façonner la biodiversité telle qu’on la voit autour de nous aujourd’hui. La démarche générale consiste à développer des modèles probabilistes et les approches inférentielles associées, puis à les appliquer à des données empiriques, telles que arbres phylogénétiques et traits des espèces actuelles ; ceci permet de trouver les scénarios évolutifs les plus vraisemblables aux vues des données actuelles.

Par exemple, l’équipe a montré, dans un article récemment publié dans les PNAS, que l’évolution des tailles corporelles a été plus rapide pendant les périodes géologiques froides que pendant les périodes chaudes chez les mammifères et les oiseaux.

De manière plus générale, et notamment grâce à un important soutien financier européen, l’équipe a développé dans les dernières années plusieurs approches innovantes, qu’elle a regroupé dans un logiciel en libre accès pour la communauté scientifique. Pour des recherches qui nécessitent une combinaison de compétences et de données aussi variée, l’important pour Hélène est de pouvoir recruter des jeunes chercheurs talentueux, et d’être proactif en termes de collaborations à l’ENS et en dehors.