La culture de la catastrophe. Les littératures suisses face aux désastres naturels.
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Conférence de Peter Utz

Cette conférence s'inscrit dans le cadre d'un cycle consacré au sujet "Ecrire, traduire en Suisse romande" (organisation : Mandana Covindassamy et Isabelle Kalinowski).
 

"La culture de la catastrophe. Les littératures suisses face aux désastres naturels"

Par
Peter Utz (université de Lausanne)


La catastrophe est un fait culturel qui se construit à travers notre perception, nos représentations et nos interprétations d’évènements dits « naturels ». La part de la littérature dans cette construction culturelle est encore largement sous-estimée. Cette hypothèse générale est concrétisée par l’exemple des littératures suisses. Car dans sa confrontation perpétuelle aux menaces de la nature, la Suisse a développé une « culture de la catastrophe » qui lui est propre. Les littératures suisses ont amplement contribué à celle-ci en donnant à des évènements éphémères un lieu et une « histoire » ; c’est Charles Ferdinand Ramuz par exemple qui a inscrit « Derborence » comme lieu de mémoire dans le paysage suisse. Mais les auteurs marquent également leur désaccord quand les rituels de solidarité ne servent qu’à recouvrir les fissures dans le sol helvétique, quand la Suisse se replie sur les menaces alpines propres en tournant le dos au monde environnant ou quand elle se pose en spectateur pour regarder les catastrophes des autres. En Suisse, les avalanches, les éboulements ou les crues déchaînent ainsi non seulement des vagues de solidarité populaire, mais également de créativité littéraire.

 

Mis à jour le 9/11/2017