Lectures lévinassiennes

Subjectivité : phénoménologie, éthique et philosophie de la religion

Partant de l’idée d’une visée non intentionnelle propre à une conscience indirecte, ce séminaire interroge cette année le rapport entre subjectivité, phénoménologie et philosophie de la religion dans l’œuvre du philosophe Levinas, dans ses aspects à la fois paradoxaux et fondamentalement novateurs dans la manière dont Levinas entend le mot Dieu, le lieu où le sensé commence.
Emmanuel Levinas
Emmanuel Levinas. דוד CC-BY SA 2.5

En explorant les sources philosophiques d’Emmanuel Levinas, on comprend d’emblée que la question éthique est prise dans l’ellipse d’une réflexion sur la transcendance qui ne se laisse pas réduire à une philosophie de la religion. Cependant, la question du religieux n’est pas absente de la pensée de Levinas et d’aucuns philosophes ont pu y voir un « tournant théologique » de la phénoménologie. La philosophie de Levinas n’est ni une théologie, ni une apologie de la religion.

Au privilège de la présence et du présent de la représentation, Levinas oppose une subjectivité marquée par une extériorité radicale. Levinas comprend que chez Husserl il existe autre chose que ce privilège de la présence, ce qu’il nomme une « conscience indirecte, immédiate, mais sans visée intentionnelle » (Entre nous, p. 137). Autrement dit, il existe, dans l’héritage phénoménologique, une conscience qui ne se laisse pas absorber par le monde où les objets auxquels elle se réfère, ouvrant la voie à une temporalité eschatologique et messianique.
Partant de l’idée d’une visée non intentionnelle propre à une conscience indirecte, nous interrogerons cette année le rapport entre subjectivité, phénoménologie et philosophie de la religion dans l’œuvre de Levinas, dans ses aspects à la fois paradoxaux et fondamentalement novateurs dans la manière dont Levinas entend le mot Dieu, le lieu où le sensé commence :

"Je ne voudrais rien définir par Dieu, parce que c’est l’humain que je connais. (…) Je ne refuse pas le terme de religieux, mais je l’adopte pour désigner la situation où le sujet existe dans l’impossibilité de se cacher. Je ne pars pas de l’existence d’un être très grand ou très puissant. Tout ce que je pourrai en dire viendra de cette situation de responsabilité qui est religieuse en ce que le Moi ne peut l’éluder"  (Emmanuel Levinas, Liberté et Commandement).

 

Programme

Mardi 1 octobre 2019
18h-20h
Introduction au séminaire – Danielle Cohen-Levinas (Faculté des lettres de l’Université Paris-Sorbonne)
Un Dieu fait homme ?
Intervenant : Didier Franck (Université Paris X Nanterre)

Mardi 15 octobre 2019
18h-20h
Butler lectrice de Levinas: la critique politique de l’éthique
Intervenante : Aïcha Messina (Université du Chili)

Mardi 22 octobre 2019
18h-20h
Le sujet de la piété - l'éthique au miroir d'Antigone
Intervenant : Jean-Claude Monod (Archives Husserl, CNRS-ENS de Paris) 

Mardi 5 novembre 2019
18h-20h
Éthique et sujet responsable
Intervenant : Vincent Delecroix (EPHE)

Mardi 12 novembre 2019
18h-20h
Structures de la subjectivité chez Levinas
Intervenant : Dominique Pradelle (Faculté des Lettres de l’Université Paris-Sorbonne, Archives Husserl CNRS-ENS de Paris)

Mardi 19 novembre 2019
18h-20h
Révélation et alliance chez Emmanuel Levinas
Intervenant : Hans-Christoph Askani (Université de Genève)

Mardi 26 novembre 2019
Le nom de Dieu et la possibilité de la phénoménologie. Levinas, Derrida, Marion
Intervenant : Alice de Rochechouart (Docteur en philosophie)

Mardi 3 décembre 2019
18h-20h
Peut-on fonder une politique à partir de Levinas ? La lecture de J. Butler
Intervenant : Perrine Simon-Nahum (CNRS, République des Savoirs)

Mardi 10 décembre 2019
18h-20h
Le sujet de la confession
Intervenant : Philippe Büttgen (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Mardi 17 décembre 2019
18h-21h
La subjectivité religieuse est-elle souci de soi ou insouci de soi ?
Intervenant : Olivier Abel (Faculté de théologie protestante de Montpellier)
Que veut dire pour le sujet et pour ce qu’on appelle Dieu exister dans l’asymétrie ?
Intervenant : Pierre Gisel (Université de Lausanne, Sciences des religions)

 

Mis à jour le 3/10/2019