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Entretien avec Nathalie Marcerou-Ramel

Nathalie Marcerou-Ramel, directrice de la Bibliothèque générale de l’ENS
Nathalie Marcerou-Ramel a pris la succession de Laure Léveillé pour diriger le futur service commun de documentation de l’ENS. Elle est entrée dans ses fonctions le 5 novembre 2010. Elle revient sur son expérience et les missions qui lui ont été confiées à son arrivée à l’École.

Nathalie Marcerou-Ramel

Paru dans le Normal Sup’Info en Janvier 2011

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Après avoir été institutrice pendant 7 ans, j’ai passé le concours de conservateur de l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques de Villeurbanne. J’ai obtenu un diplôme de conservateur de bibliothèque et un DEA en information et communication en 1993.

Lors de mon premier poste, au service commun de documentation de l’université Lyon 2, j’ai appris les bases du métier en étant acquéreur de collection en psychologie et en sciences de l’éducation, responsable d’une équipe de service public et coordinatrice des services aux usagers. En 1996, la nouvelle Bibliothèque nationale de France à Tolbiac me propose un poste au départ assez technique de coordonnateur du catalogage pour les ouvrages en libre accès, devenu un poste de coordonnateur des questions de catalogue.

Quatre ans après, pour raisons familiales, je suis repartie en province pour un poste de directeur adjoint de la bibliothèque municipale classée de Saint-Étienne. Mes responsabilités recouvraient également les services de proximité, les bibliothèques de quartier, les bibliobus et le service du prêt aux enseignants. J’ai eu la chance de participer à la création de la base de documents patrimoniaux et régionaux numérisés de la ville de Saint-Étienne.

En 2003, j’ai souhaité revenir à Lyon et j’ai opté pour un poste assez atypique de coordonnateur des négociations de ressources électroniques pour le consortium Couperin. Ce consortium universitaire de publications numériques négocie au niveau national des tarifs pour l’ensemble de ses partenaires en matière de ressources documentaires électroniques. Ce poste qui dépendait du service commun de documentation de l’université Claude-Bernard Lyon 1 passa en 2006 à Bordeaux. J’ai alors choisi de revenir à Paris pour rallier le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à la sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique. Fin 2008, je rejoins le service de la stratégie de ce ministère, et plus particulièrement le département licence pour me consacrer aux classes préparatoires, aux concours d’entrée et aux licences générales à l’université. Ne souhaitant pas évoluer dans une carrière administrative, j’ai préféré revenir en bibliothèque et candidater au poste de directeur de la bibliothèque générale et du réseau des bibliothèques à l’ENS.

Quelle image aviez-vous de l’ENS avant d’y entrer ?

J’ai découvert cette École lors de mon dernier poste au ministère, lorsque je me suis occupée des concours et notamment de l’élargissement des débouchés de la banque d’épreuves littéraires communes aux ENS de Paris et de Lyon. Le prestige de cet établissement et la richesse de ses bibliothèques et de ses fonds documentaires, qui sont parmi les plus beaux de France, m’ont amenée à postuler.

Bibliothèque générale de l’ENS

Pouvez-vous nous présenter les biblio­thèques de l’ENS ?

La bibliothèque Ulm-lettres comprend 65 agents : 34 titulaires et 31 contractuels. Sur l’ensemble du réseau, qu’il va s’agir de fédérer en un service commun de la documentation, on compte une centaine d’agents qui ne sont pas tous des personnels ENS, on trouve aussi des personnels CNRS. Tous ne seront pas placés sous mon autorité directe, tout dépendra du choix qui sera fait pour leur bibliothèque d’être intégrée au service ou associée. Aujourd’hui, je dirige 65 personnes à Ulm et 8 à Jourdan et je coordonne un réseau d’une centaine d’agents répartis sur 16 bibliothèques ou lieux documentaires.

Le budget de la bibliothèque générale et du réseau se monte à 1 419 000 euros pour 2011. Certaines bibliothèques reçoivent des financements du CNRS. Celui des bibliothèques scientifiques est accordé directement par les départements. J’ai proposé à mes collègues du réseau d’établir pour 2010 un premier rapport d’activité.

 L’ensemble du futur service met à disposition 943 000 documents. Sur la bibliothèque d’Ulm-lettres, on avoisine les 600 000 documents et sur Jourdan, on en compte 150 000.

A votre arrivée, quelles principales missions vous a-t-on confiées ?

Le volet documentaire du contrat quadriennal de l’ENS prévoit deux grands objectifs pour la période 2010 - 2013. Le premier est de terminer la rétroconversion, c’est-à-dire la transformation des catalogues papier en catalogue informatisé. Cette opération a démarré à la fin des années 90. L’École nous a accordé, pour 2010 et 2011, un budget exceptionnel de 500 000 euros pour terminer cette rétroconversion, ce qui nous permet de recruter des étudiants pour la préparation des fichiers et de passer un marché avec la société Jouve.

Le deuxième objectif est la création d’un service commun de documentation pour l’ENS. Un réseau des bibliothèques existe déjà, notamment un réseau informatique et un catalogue commun, nous travaillons tous ou presque dans un même système. Nous allons élargir cette coopération au domaine documentaire et aux services au public. Depuis 2008-2009, des échanges ont eu lieu entre Laure Léveillé, Estelle Oudot et les chefs de département, le projet est connu, mais cette année nous allons passer à sa mise en œuvre et proposer aux conseils de l’École un statut et un organigramme pour ce nouveau service.

Je suis impliquée dans un autre grand chantier : la création de la nouvelle bibliothèque des sciences expérimentales, au 1er étage du 29 rue d’Ulm. Il s’agit de fédérer en un lieu unique, la bibliothèque de physique générale, la bibliothèque de chimie, une partie de la bibliothèque de géosciences et la biologie. Ce projet est piloté par Monique Brouat, la directrice de la bibliothèque de physique générale.

Bibliothèque générale de l’ENS

Les bibliothèques de l’ENS ont-elles des spécificités ?

L’École possède des collections prestigieuses dans un certain nombre de domaines. En Antiquité, nous sommes partenaires du Centre d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique (CADIST) pour tout ce qui concerne l’épigraphie. Ce CADIST est confié à la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne et à l’École française d’Athènes. Nos collections en sciences sociales, en philosophie, notamment en philosophie allemande, en mathématiques sont tout à fait remarquables.

Par ailleurs, les collections de la bibliothèque Ulm-lettres sont pour l’essentiel en libre accès, fait exceptionnel à Paris.

Les plus anciens documents conservés à la bibliothèque de l’ENS remontent au xiie siècle, ce sont des fragments de manuscrits médiévaux. Nous avons aussi des documents manuscrits du xixe, des ouvrages anciens du xvie et xviie siècles.

Quels rapports entretenez-vous avec les départements de l’École ? et avec l’extérieur ?

Étant donné le projet en cours de future bibliothèque des sciences expérimentales, je travaille déjà en étroite collaboration avec le département de physique. Je suis en train de rencontrer l’ensemble des directeurs de départements, de manière à lancer ou poursuivre des pistes de collaboration. Au sein de la direction de la bibliothèque, travaillent également des collègues normaliens, qui sont en contact régulier avec les départements d’histoire, d’Antiquité et des sciences sociales de l’École.

La bibliothèque du 45 entretient de nombreux liens avec un certain nombre d’institutions dans le monde, elle s’implique dans les partenariats établis par l’École.

En France, nous avons le partenariat concernant le CADIST d’Antiquité et plus récemment, celui qui nous lie à Paris Sciences et Lettres. Laure Léveillé, chargée de mission pour l’appel d’offres Initiatives d’excellence (Idex), a réuni l’ensemble des directrices des bibliothèques de PSL autour du projet Liberlabo qui sera le projet documentaire déposé dans le cadre de l’appel d’offre. En dehors de PSL, d‘autres partenariats sont à construire du côté des bibliothèques scientifiques, avec notamment Paris VI. Je suis moi-même très investie à l’ENSSIB, ce qui me permet d’y animer des stages et de rencontrer des collègues d’autres bibliothèques. J’envisage de faire rentrer les bibliothèques de l’ENS dans l’association Liber, une association européenne de bibliothèques de recherche dont je fais partie.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre activité ?

Les relations humaines qu’elle permet de nouer, la variété des activités possibles. Dans mon parcours, j’ai déjà assumé une grande variété de postes, j’aime beaucoup cette mobilité, le fait de se confronter chaque fois à des questions nouvelles et de ne jamais rien tenir pour acquis. A l’ENS, je découvre la possibilité d’accueillir des fonds prestigieux. L’ENS vient d’accueillir le fonds Merleau-Ponty que sa fille, unique héritière, a souhaité donner à l’École. C’est absolument extraordinaire pour une bibliothécaire de rencontrer Marianne Merleau-Ponty qui vous propose de donner la bibliothèque de son père à l’École. Il n’y a qu’à l’ENS que l’on peut vivre des moments comme ça.

Quand vous ne travaillez pas, quelle est votre occupation préférée ?

Quand je ne travaille pas le samedi à l’ENS, je rentre à Lyon où j’ai une maison. Le théâtre et le cinéma me passionnent et j’écoute aussi beaucoup de musique. J’essaye de voyager régulièrement, j’apprécie beaucoup les îles volcaniques.

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