L’Ecole normale supérieure : place aux filles !
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Communiqué de presse
Novembre 2015
 

L’École normale supérieure à travers une web série de 6 épisodes mettant en scène le témoignage de normaliennes, chercheuses, directrices de départements et doctorantes, décide de prendre à bras le corps l’accès des femmes aux filières scientifiques et aux carrières de professeures et de chercheuses en sciences fondamentales.

BLOG de l’ENS : http://femmes-scientifiques-ens.blogspot.fr

 

Ces films à destination des jeunes filles disponibles sur internet seront aussi diffusés dans les lycées, les classes préparatoires pour inciter les étudiantes à investir des filières d’avenir et s’autoriser sans crainte de tenter le concours de l’Ecole normale supérieure. Dans les 6 films les cinq chercheuses et directrices de laboratoire abordent sans tabou la place des femmes dans la science : l’auto censure, la peur de l’échec, l’image de la filière. Leur parole libre démonte un à un les clichés, tord le cou aux idées reçues et prouve, que les sciences « dures » sont accessibles à tous ceux qui ont un intérêt dans les matières scientifiques.

Ep. 1 : Place aux femmes scientifiques

Ep. 2 : Tentez votre chance !

Ep. 3 : Bouillons de cultures

Ep. 4 : La recherche du bonheur

Ep. 5 : En équilibre

Ep. 6 : Les clés de la mixité

VIDÉOS : https://www.youtube.com/playlist?list=PLp--TwPwLx1WFBxYxOtSrVWPBJoXmDED1  

 

L’École normale supérieure souhaite pleinement investir la problématique de la mixité et de la diversité dans les sciences dures. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : En 2013, l’ENS sur 852 étudiants comptait 277 filles, soit 33 % pour 575 garçons. Alors que la parité est atteinte dans la filière « Lettres ». Les chiffres dégringolent en « Sciences » où elles ne sont que 8 %.

 

Marc Mézard, directeur de l’Ecole normale supérieure indique : « Le manque de jeunes filles touche l’ensemble de la filière scientifique dans l’enseignement supérieur. Mais, L’ENS entend affirmer sa légitimité pour faire évoluer ces postures. » Et poursuit « l’Ecole normale supérieure est un acteur incontournable de l’enseignement et de la recherche en mathématiques, physique et informatique et doit être exemplaire par sa mission de service public. »

 

Une récente étude menée par le département des sciences sociales de l’Ecole soulève les enjeux au coeur des problématiques sociales et politiques :

 - ouverture sociale des classes préparatoires et des grandes écoles ;

- représentation des femmes dans les filières de sciences dites « dures »(Mathématique, Physique, Informatique). Deux questionnements rarement croisés. 

 

Ce qui se joue avant d’entrer en classe de prépa scientifique :

L’orientation post-bac montre une sous-représentation des femmes, dans les sections ayant trait auxmathématiques et à la physique, alors que biologie et géologie, associées à médecine présentent des taux de femmes supérieurs et égaux aux deux tiers des effectifs. Outre la stagnation voire la diminution de la part des filières scientifiques dans l’ensemble des formations,les modes d’orientation scolaires et professionnels respectent toujours la structuration des filières entre un pôle dominant (masculin et élitiste socialement) et un pôle dominé (féminin et populaire socialement). 

 

Entrer en classe prépa scientifique et alors ?

Dans les classes supérieures, avoir une mère ou une soeur ainée ayant ouvert la voie des sciences est déterminant dans la levée des stéréotypes sexués relatifs aux études scientifiques. Mais une fois en classe prépa, les cartes scolaires sont partiellement rebattues au profit des garçons et élèves d’origines sociales supérieures. Les appréciations professorales sont fortement différenciées selon le sexe des élèves : aux filles « le sérieux », aux garçons « le potentiel ». Les élèves tendent eux-mêmes à se percevoir selon une partition sexuée qui correspond à ces jugements.Les concours de l’ENS ne font qu’opèrer ensuite une sélection scolaire parachevant un processus entamé bien en amont. 

 

Concours d’entrée à l’ENS et leurs effets S’autoriser à présenter un concours réputé difficile apparaît comme une capacité socialement distribuée, les filles s’inscrivent moins que les garçons. Les filles disent plus que les garçons ne pas avoir le niveau (68%). 

 

Les participants aux films

« C’est impossible de s’auto-évaluer sur un concours : il faut essayer ! »Anne Boutin, Directrice de département – Chimie

 « C’était important pour moi d’aller dans une école généraliste. » Alexandra Colin, Doctorante - Biologie / Chimie

« On tire toujours son épingle du jeu, il faut se faire confiance et se faire violence un petit peu pour se forcer à avoir de l’ambition » Ombline Lafont, Doctorante - Physique

« Ils sont tous formés par la recherche, ils passent je pense un très bon moment à être formés par la recherche, et puis il y en a qui vont faire autre chose, par exemple il y en qui vont dans les entreprises, et dans les entreprises ils vont parfois dans les centres de recherche et développement, mais pas seulement, ils font autre chose. » Yves Laszlo, Directeur adjoint Sciences ENS – Mathématiques

 « Dans un sens, faire des maths ça m’aère de la musique et faire de la musique, ça m’aère des maths, finalement je peux faire les deux, beaucoup ! » Gabriel Lellouch, Doctorant – Mathématique

 « On trouve des normaliens dans tous les penseurs de la société qui ont créé des directions nouvelles, ont eu des idées originales, parce qu’ici, l’originalité est soutenue par la liberté que l’on donne aux gens. » Claire Mathieu Directrice de département - Informatique

« Même les biais implicites ne sont pas figés dans le marbre, on peut, en offrant des approches d’échange entre les gens, changer ces biais là » Sharon Peperkamp, Directrice de département - Études

Mis à jour le 16/2/2017