Introduction à la pensée chinoise

Séminaire ECLA (parcours Asie Orientale)

Concours et renouveau de la pensée : Le dispositif des examens en Chine sous les Song (960 - 1279) et ses influences au-delà des frontières

Programme du séminaire ECLA (parcours Asie Orientale), second semestre, 2 ECTS.
Concours et renouveau de la pensée : Le dispositif des examens en Chine sous les Song (960 - 1279) et ses influences au-delà des frontières
Responsables : Estelle FIGON, Hengying RONG (SIL 2012 philosophie, doctorante à l’EHESS, Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine, ATER au Collège de France)
S’il est difficile d’envisager la philosophie grecque en dehors du contexte politique de la Cité, ou la pensée d’un Machiavel ou d’un Montaigne en dehors de l’histoire florentine ou française du XVIe siècle, il est tout aussi malaisé d’appréhender le renouveau confucéen amorcé sous les Song du Nord (960-1127) en dehors de son contexte politique et institutionnel. Ce renouveau complet de la pensée héritée de Confucius – ou « néo-confucianisme » dans les termes de la sinologie occidentale – a défié en effet le bouddhisme et le taoïsme non seulement sur le plan des idées mais aussi sur le plan politique.
Afin de faire découvrir un confucianisme « en acte » et « en contexte », le séminaire abordera les rapports entre production de pensée et innovation institutionnelle dans le cadre d’une époque, la dynastie des Song, qui a pu être comparée par certains historiens à la Renaissance européenne et qui constitue de fait une sorte d’amorce de la modernité chinoise.
Comme point de départ, nous proposons d’étudier un dispositif précis, celui des examens, en plein essor à partir du début du XIe siècle, et qui se transforme en une institution capable de s’imposer pour mille ans jusqu’à la chute de l’empire. Il s’agit d’un dispositif au croisement des études classiques et de la fonction publique, sujet à de fortes tensions entre la créativité et le conformisme, tout autant porteur d’une promesse de promotion sociale qu’objet de vives critiques. Plusieurs brillants lauréats se verront consacrés par la postérité parmi les plus grands philosophes/poètes/classicistes de toute l’histoire de la Chine ancienne. Plusieurs spécialistes interviendront sur les aspects et les mutations fondamentaux des examens, ainsi que sur des auteurs de référence, afin de nous initier aux enjeux, institutions, pensées et échos, qui ne sont pas si inactuels, de cette période au-delà des frontières chinoises.  
Ce séminaire s’inscrit dans la continuité de celui de l’année dernière, tout en élargissant la perspective dans l’espace (le concours au Vietnam en chinois classique) et avec d’autres approches (une approche de l’anthropologie historique sur les pratiques divinatoires et religieuses liées aux concours sous les Song).  
Aucun niveau en chinois n’est requis pour ce séminaire.
Validations sur assiduité et fiche de lecture/exposé oral.


Salle Aimé Césaire, 14h30-16h, le 6 février, le 20 février, le 6 mars, le 20 mars, le 3 avril, le 17 avril.
Programme et intervenants

Le 6 février 2018
Introduction : le dispositif des examens sous les Song : le cas de la session de concours de doctorat en 1057 (Hengying RONG, EHESS-ENS-Collège de France)

Le 20 février 2018
Intervention de Maud M’Bondjo (EFEO, CRCAO) : Réussir sans concours ? Le cas de Zhou Dunyi (1017-1073)

Le 6 mars 2018
Intervention de Radu Bikir (CRCAO, Université Paris-Diderot) : Comment tricher ? Lettrés, devins et examens sous les Song

Le 20 mars 2018
Intervention de Jia Bingwei (CRCAO, Université Paris-Diderot) : Repenser les examens : la réforme de Wang Anshi (1021-1086)

Le 3 avril 2018
Intervention de Philippe Papin (directeur d’études à l’EPHE, 4e section, Histoire et philologie) : Aperçu sur les concours de recrutement au Viet Nam

Le 17 avril 2018 : Conclusion provisoire (RONG Hengying)

 

Mis à jour le 20/2/2018