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Philosophies du sens

Du 9 février 2017 au 1er juin 2017

organisé par l’IRePh/ université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense/ UMR 8547 (Pays germaniques)

Séminaire Philosophies du sens

Contact : christian.berner@u-paris10.fr/ charlotte.morel@ens.fr


Le séminaire se proposera de réfléchir sur l’émergence de la notion de sens comme catégorie directrice de la philosophie, et non plus seulement comme objet de l’herméneutique, à partir de Kant et jusqu’à l’émergence de la pensée contemporaine. Les corpus étudiés privilégieront la philosophie allemande sans exclure d’autres apports.

Date(s) : du 9 février 2017 au 1er juin 2017
Le séminaire a lieu le jeudi de 17h à 19h à l’exception de la séance du 9 février.

Lieu(x) : Université de Nanterre ou ENS-Ulm
Séances du 19 janvier, 16 mars et 4 mai à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Bâtiment L, salle L311/ Séances du 9 février (ECLA, salle Daniel Reig) et 1er juin (salle Pasteur) à l’ENS-Ulm, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris


Jeudi 9 février 2017 | 15h-17h, ENS-Ulm, salle Daniel Reig
Marc de Launay, Chercheur CNRS, UMR 8547 - Pays germaniques : KANT (1724-1804) »

Jeudi 16 mars 2017 | 17h-19h, Nanterre (salle L311)

Charlotte Morel, Chercheur CNRS, UMR 8547 - Pays germaniques : LOTZE (1817-1881)

Jeudi 4 mai 2017 | 17h-19h, Nanterre (salle L311)
Jean-Claude Gens, Professeur d’histoire de la philosophie à l’Université de Bourgogne : DILTHEY (1833-1911)

Jeudi 1er juin 2017 | 17h-19h, ENS-Ulm, salle Pasteur
Jean-Michel Salanskis, Professeur de philosophie à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense : l’ETHANALYSE


Il s’agit donc de s’intéresser à la notion de sens et de signification (Sinn, Bedeutung) hors de leurs usages directement sémiotiques – soit la perspective que « quelque chose ait un sens ». Dans une telle expression, il ne semble pas en effet que nous faisions pour autant de ces « choses » des signes. La structure d’un « sens » dont seraient porteuses soit les choses, soit surtout la façon dont nous les vivons et en faisons des pièces de notre expérience (ce qui rend en fait cette acception du terme très commune), pourrait être décrite plutôt comme le renvoi d’une réalité donnée à l’horizon d’une réalité (ou d’une idéalité) cette fois simplement postulée, que l’on peut certes nommer, mais pas directement connaître. C’est pourquoi on peut penser que c’est notamment avec Kant que s’ouvre la possibilité philosophique de penser cette structure : c’est en effet aussi celle qui lie l’expérience aux « idées de la raison », notamment les idées de la raison pratique. Si en effet, un objet tel que « Dieu », les diverses instances divines, a de tout temps été capable d’aimanter la réalité humaine en la projetant vers un autre ordre que celui qui paraît émaner du donné, Kant pose le geste de rupture par lequel la philosophie ne posera plus Dieu comme être (dont l’attribut est alors la perfection ; objet de la connaissance métaphysique), mais comme idée orientant l’agir pratique, à partir de ce qu’on ne peut pourtant que « penser » (donc cette fois comme simple limite de la connaissance métaphysique).
Autrement dit, nous sommes désormais renvoyés à ce qui rend pour nous possible l’exercice de la liberté non pas comme à une réalité dont l’effectivité serait certaine en tant qu’antérieure à la nôtre – mais comme à l’objet d’une fin/« telos ». Ce qui fait que quelque chose « fait sens » dans l’existence aurait donc le mode d’effectivité de la cause finale : ce pourquoi on est aussi en droit de penser qu’il agit sur nous, selon la formule aristotélicienne cette fois, « ὤς ἐρώμενος », comme objet d’un/du désir.


 

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