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Nuit de la philosophie

Première édition française de la Nuit de la philosophie inaugurée par Monique Canto-Sperber et Claude Debru.

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Vendredi 4 juin 2010. Moins cinq. Dernières vérifications, dernier tour des salles : l’instal lation sonore diffusant en boucle certains discours du Banquet de Platon, enregistrés par trois acteurs de la troupe de la Comédie-Française, est lancée ; tout est en place pour recevoir conférenciers et auditoires, en salles Paul Celan et Dussane ; dans la cour aux Ernests, l’estrade, braquée de projecteur, avec son pupitre sonorisé, est prête à recevoir les sept lecteurs qui se relayeront jusqu’au milieu de la nuit ; en salle Raymond Aron, Esther Shalev-Gerz a fini les derniers réglages de son installation vidéo et sonore, à double projection, qui montrera toute la nuit Jacques Rancière lisant à haute voix son dernier livre publié, Le Spectateur émancipé, et Rola Younès, une étudiante en philosophie, d’origine libanaise, polyglotte, cherchant à exprimer et à cerner son rapport à la philosophie, et à un monde aux frontières désormais défiées et incertaines ; en salle club, tout est prêt, mobilier et éclairage ad hoc, pour recevoir les invités de la table ronde autour de l’édition de la philosophie aujourd’hui ; en salle Simone Weil, Sandra Laugier, et son équipe, se prépare à la diffusion de larges extraits de séries cultes américaines, pour en interroger le contenu éthique ou moral ; l’aquarium est encore vide, un écran déployé dans l’espace est prêt à transmettre les messages envoyés par Twitter, au sujet de la nuit de la philosophie qui va commencer.

20h. ça a commencé instantanément. Les grilles du 45 furent tirées, et laissèrent entrer un monde considérable dans l’École. D’emblée, tous les espaces furent occupés. Dans la cour aux Ernests, un auditoire nourri et renouvelé à chaque fois, fit honneur aux lectures qui résonnèrent jusqu’avant l’aube, de L’ordre du discours de Michel Foucault, jusqu’à Phédon de Platon, en passant par le Discours décisif d’Averroès, lu alternativement en arabe et en français. Malgré l’inévitable basculement de la nuit entre 2h et 3h du matin, qui charrie toujours son lot de débordements braillards, les lecteurs furent admirables de constance : sensibles et imperturbables.

Dès le coup d’envoi, les auditeurs s’étaient pressés d’investir la salle Dussane, pour les allocutions d’ouverture de la directrice de l’École, Monique Canto-Sperber, et du directeur du Département de philosophie, Claude Debru. Les conférences, données par des universitaires de renom, se succédèrent devant un public varié et captivé. à six heures et demi du matin, après trente-huit conférences données en parallèles, les salles Celan et Dussane étaient encore pleines pour les deux dernières conférences de la nuit : « La question de l’inné et de l’acquis revisitée par les sciences cognitives actuelles », par Delphine Blitman et « Sentiment d’injustice et chanson populaire », par Charles Ramond. La lumière du matin s’était faite depuis longtemps déjà ; à 7h, elle accueillit une dernière discussion autour d’un petit déjeuner dans la cour aux Ernests rassemblant les organisateurs, les irréductibles du concept et les plus endurants.

Il y eut une atmosphère rare de fête et d’effervescence créée par l’amour du savoir et le souci de la pensée de l’autre. Un véritable événement.

Mériam Korichi

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Article du Monde du 5 juin 2010

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